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L’Iran dit que Mahsa Amini est morte de maladie et non “battue” après son arrestation

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L’Iran a déclaré vendredi qu’une enquête sur la mort de Mahsa Amini en détention avait révélé qu’il avait perdu la vie à cause de la maladie plutôt que de signaler les coups qui avaient déclenché trois semaines de manifestations sanglantes.

Amini, 22 ans, est décédée le 16 septembre, trois jours après être tombée dans le coma suite à son arrestation à Téhéran par la police des mœurs pour avoir prétendument violé le code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes.

La colère suscitée par sa mort a déclenché la plus grande vague de protestations pour secouer l’Iran en près de trois ans et une répression qui a tué des dizaines de manifestants et en a arrêté des dizaines.

Malgré le recours à la force meurtrière par les forces de sécurité, les manifestations menées par des femmes se sont poursuivies pendant 20 jours et nuits consécutifs, selon des vidéos en ligne vérifiées par l’AFP.

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L’organisation médico-légale iranienne a déclaré vendredi que “la mort de Mahsa Amini n’a pas été causée par des coups à la tête, aux organes vitaux et aux membres du corps”.

La mort d’Amini, dont le prénom kurde est Jhina, est liée à “l’opération d’une tumeur au cerveau à l’âge de huit ans”, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Les parents endeuillés d’Amini ont porté plainte contre les agents impliqués, et l’un de ses cousins ​​qui vit en Irak a déclaré à l’AFP qu’il était mort “d’un violent coup à la tête”.

D’autres jeunes femmes ont été tuées lors des manifestations, mais Amnesty International affirme que l’Iran a forcé leurs familles à avouer à la télévision pour “s’absoudre de la responsabilité de leur mort”.

‘Suicide’

La mère de Nika Shahkarami, 16 ans, décédée après avoir disparu le 20 septembre, a insisté jeudi sur le fait qu’elle avait été tuée par l’État après avoir rejoint une manifestation anti-hijab à Téhéran.

Nasrin Shahkarami a également accusé les autorités d’avoir menacé de faire des aveux forcés sur la mort de sa fille Nika, âgée de 16 ans.

“J’ai moi-même vu le corps de ma fille… L’arrière de sa tête montrait qu’elle avait reçu un coup très violent parce que son crâne s’était effondré. C’est comme ça qu’ils l’ont tuée”, a-t-elle déclaré dans une vidéo mise en ligne par Radio Farda, une Américaine. chaîne. Station financée par la Perse basée à Prague.

L’Iran a depuis démenti les informations selon lesquelles ses forces de sécurité auraient tué une autre adolescente, Sarina Esmailzadeh, lors d’un rassemblement à Karaj, à l’ouest de Téhéran.

Son site Internet cite un procureur qui a déclaré qu’une enquête avait montré qu’Esmailzadeh, 16 ans, s’était “suicidé” en sautant d’un immeuble.

Dans le cadre d’une répression croissante, l’Iran a bloqué l’accès aux médias sociaux, notamment Instagram et WhatsApp, et les forces de sécurité ont arrêté des partisans de premier plan du mouvement, notamment des journalistes et des stars de la pop.

Les manifestants ont cherché des moyens d’éviter d’être détectés, des écolières cachant leur visage en scandant “Mort au dictateur” et en défigurant des images du chef suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, dans des vidéos vérifiées.

D’autres images montrent des gens scandant le cri de protestation “Femme, vie, liberté” depuis les fenêtres de leur appartement sous le couvert de la nuit.

Une autre forme de protestation a émergé vendredi matin, avec des fontaines à Téhéran semblant répandre du sang après qu’un artiste ait teint leurs eaux en rouge pour refléter la répression sanglante.

“Péage beaucoup plus élevé”

La violence de rue à travers l’Iran, qualifiée d'”émeutes” par les autorités, a fait des dizaines de morts, principalement des manifestants mais aussi des membres des forces de sécurité.

Le groupe iranien des droits de l’homme basé à Oslo affirme qu’au moins 92 manifestants ont été tués jusqu’à présent dans la répression.

Les forces de sécurité iraniennes ont arrêté des partisans de premier plan du mouvement, notamment des militants, des journalistes et des stars de la pop.

Malgré ces mesures, les manifestations se sont poursuivies dans les villes et villages de la République islamique.

“Mort au dictateur”, peut-on entendre chanter un groupe de jeunes femmes dans la ville de Rasht, dans le nord du pays, dans une vidéo mise en ligne jeudi et vérifiée par l’AFP.

D’autres images vérifiées montrent des femmes criant “Azadi”, qui signifie liberté en persan, et applaudissant bruyamment alors qu’elles défilent dans une rue de la ville de Qods, à l’ouest de la capitale.

Amnesty International a confirmé la mort de 52 personnes aux mains des forces de sécurité iraniennes, mais estime que “le véritable bilan est bien plus élevé”.

Dans un communiqué publié il y a une semaine, il a déclaré que l’Iran utilisait intentionnellement une force meurtrière pour écraser les manifestations menées par des femmes.

Il a déclaré avoir obtenu un document divulgué délivré aux commandants des forces armées de toutes les provinces le 21 septembre leur ordonnant de “sévèrement affronter” les manifestants.

Un autre document divulgué a montré que le commandant de la province de Mazandaran avait dit aux forces « d’affronter sans pitié, voire de causer la mort, toute agitation par des émeutiers et des anti-révolutionnaires ».

(AFP)



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