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L’ancien dictateur guinéen Moussa Dadis Camara emprisonné à la veille de son procès pour le massacre de 2009

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L’ancien dictateur guinéen Moussa Dadis Camara et plusieurs co-accusés ont été envoyés en prison mardi, un jour avant le début de leur procès pour le massacre du stade de 2009, ont indiqué leurs avocats.

Le procureur a fait conduire “nos six clients à la maison centrale (prison) où ils seront apparemment détenus jusqu’à la fin du (procès)”, a déclaré devant la presse Salifou Beavogui, l’un des avocats.

“Très malheureusement, le procès commence par la violation des droits de l’accusé”, a-t-il déclaré.

Un correspondant de l’AFP a vu un minibus, entouré de plusieurs camions, s’éloigner à toute allure du palais de justice flambant neuf construit spécialement pour le procès.

Le capitaine Camara et 10 autres anciens responsables militaires et gouvernementaux doivent comparaître devant le tribunal mercredi à 10h00 (heure locale et GMT).

Une poignée d’accusés sont déjà détenus depuis des années. Ceux qui étaient encore libres ont été arrêtés mardi après avoir été convoqués vers midi.

Le 28 septembre 2009, et dans les jours qui ont suivi, les forces de sécurité fidèles au chef de la junte de l’époque ont massacré plus de 150 personnes et violé au moins 109 femmes lors d’un rassemblement politique dans un stade de Conakry, selon un rapport de l’ONU . commission internationale mandatée.

Les chiffres réels sont probablement plus élevés.

Des dizaines de milliers de partisans de l’opposition s’étaient rassemblés au stade pour manifester pacifiquement contre une éventuelle candidature électorale de Camara, arrivé au pouvoir lors d’un coup d’État en décembre 2008 avant de prêter serment en tant que président.

De nombreux témoignages relatent comment les Bérets rouges, policiers et miliciens de la garde présidentielle sont entrés dans le stade vers midi, ont bouclé les issues et ont ouvert le feu sans discernement contre une foule jusque-là festive.

en attente d’un procès

Les assassins ont attaqué des civils non armés avec des couteaux, des machettes et des baïonnettes, laissant les gradins, les couloirs et l’herbe jonchés de morts et de mourants.

Ils ont agressé sexuellement puis tué de nombreuses femmes. D’autres ont été piétinés à mort dans la panique.

Les enquêteurs internationaux ont constaté que les abus pouvaient être qualifiés de crimes contre l’humanité, notant que la brutalité s’est poursuivie pendant plusieurs jours contre les femmes et les hommes enlevés en détention qui ont été torturés.

A la veille du procès de mercredi, Amnesty International a publié un rapport appelant à une meilleure protection des victimes de viol en Guinée et à l’approbation “urgente” d’une loi globale sur les violences basées sur le genre.

Camara, qui vivait en exil au Burkina Faso, est retourné à Conakry samedi soir pour être jugé.

Des proches disent qu’il a l’intention de “laver son nom”.

La commission internationale l’a accusé de “responsabilité pénale personnelle et responsabilité de commandement”.

Malgré les compromis récurrents sous le régime de l’ancien président Alpha Condé, les victimes et leurs proches attendent leur procès depuis 13 ans.

Les défenseurs des droits humains ont également réclamé justice, ainsi que la Cour pénale internationale.

Les atermoiements du pouvoir et l’impunité des forces de sécurité devenues une “institution”, selon la commission, ont longtemps fait planer le doute sur les chances d’un procès.

Puis le chef de l’actuelle junte militaire, le colonel Mamady Doumbouya, arrivé au pouvoir lors d’un coup d’État en 2021 après 11 ans de régime civil, a exigé en juillet que le procès ait lieu avant la date du prochain anniversaire.

Les groupes de victimes espèrent que l’ouverture n’est pas qu’un spectacle avant l’ajournement du procès.

(AFP)



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